
Bilatérale Enerplan – EDF OA : le document de présentation disponible
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23.12.2025
BILL McKIBBEN EST UN JOURNALISTE et activiste écologiste américain, notamment fondateur de l’association 350.org. Il est l’auteur de l’un des premiers ouvrages sur le changement climatique (en 1989) et de nombreux livres et articles sur l’environnement, le climat et les énergies fossiles.
Son dernier ouvrage, Here Comes The Sun, est paru en 2025 aux États-Unis (WW Norton & Co, non traduit). Le livre reprend et développe une thèse défendue par l’auteur dans plusieurs articles articles (ici ou là, par exemple – en anglais) : l’énergie solaire va bouleverser le paysage énergétique mondial d’un manière beaucoup plus profonde et rapide que prévu.
Car le solaire n’est pas seulement « bon pour la planète », il est pratique. Accessible, compétitif et rapide à déployer.
Bill McKibben multiplie les exemples : chez lui, aux Etats-Unis, où les énergies fossiles dont le président vante bruyamment le retour produisaient moins de la moitié de l’électricité en avril dernier. En Chine, évidemment, où la la consommation de charbon et les émissions de CO2 baissent malgré une économie en croissance. Au Pakistan, en Australie. Partout dans le monde, le solaire est en train de changer la donne (et ce constat rejoint celui de Cédric Philibert en France).
Nous traduisons des extraits de l’introduction du livre.
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Nous sommes sur le point de comprendre que le soleil, qui nous fournit déjà la lumière, la chaleur et la photosynthèse, pourrait aussi nous fournir l'énergie nécessaire à notre vie.
« Alors que j’écrivais les premiers mots de ce livre, fin décembre 2024, une pluie chaude s’abattait sur les Montagnes Vertes du Vermont. Il aurait dû neiger évidemment, mais les scientifiques venaient d’annoncer que 2024 serait l’année la plus chaude jamais enregistrée – la plus chaude, selon les paléoclimatologues, des 125 000 dernières années. Alors que je rédigeais ces pages, l’Amérique élisait Donald Trump à la présidence, après une campagne fondée sur le postulat que le réchauffement climatique était un canular.
Oh, et Los Angeles s’embrasa. Parmi les conséquences les moins importantes de cet incendie, la maison de mes premiers souvenirs, adossée aux collines d’Altadena, fut réduite en cendres.
Si j’ai une certaine réputation d’écrivain, c’est plutôt en raison d’une forme de réalisme sombre. Lorsque j’étais encore dans ma vingtaine – à la fin des années 1980 –, j’ai publié ce que l’on appelle parfois le premier livre sur la crise climatique. Il portait un titre optimiste, « La Nature assassinée » (The End of Nature). Depuis, avec une vingtaine de livres et d’innombrables essais et articles, j’ai alerté et relaté les premiers avertissements à mesure qu’ils se réalisaient. (…)
Et pourtant, là, tout de suite, pour la première fois, j’entrevois une voie à suivre. Une voie éclairée par le soleil.
Cette voie ne nous sort pas seulement de la crise climatique ; elle nous ouvre les portes d’un monde entièrement nouveau. En écrivant, j’écoute en boucle la chanson qui donne son titre à ce livre, l’hymne doux et optimiste de George Harrison, qui couvre le bruit de la pluie sur le toit. Je pense que même si nous sommes, hélas, au bord d’un fascisme renouvelé, nous sommes aussi potentiellement à l’aube d’une de ces transformations rares et profondes de l’histoire de l’humanité – comparable au moment, il y a quelques siècles, où nous avons appris à brûler du charbon, du gaz et du pétrole, déclenchant la révolution industrielle et, par conséquent, la modernité. Mais aujourd’hui, tout à coup, nous apprenons à ne plus brûler ces énergies fossiles et à nous fier plutôt à cette immense boule de gaz incandescent qui plane à 150 millions de kilomètres de nous dans le ciel. Nous sommes sur le point de comprendre que le soleil, qui nous fournit déjà la lumière, la chaleur et la photosynthèse, pourrait aussi nous fournir l’énergie nécessaire à notre vie.
Nous sommes sur le point de nous tourner vers le ciel pour puiser notre énergie, plutôt que vers l’enfer.
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The Beatles, Here Comes The Sun (G. Harrison, 1969)
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Cela ne se fera pas tout seul, et je ne sais pas si nous y parviendrons, du moins dans le court laps de temps que nous laisse la physique pour lutter contre le changement climatique. Dès ses premières heures à la Maison-Blanche, Trump a tout fait pour détourner l’Amérique et le monde de cet avenir prometteur ; le titre principal du New York Times, le deuxième jour de son mandat, était : « Trump veut libérer l’énergie, à condition que ce ne soit ni l’éolien ni le solaire ». Alors non, ce ne sera pas facile. Mais je suis convaincu que c’est possible, et certain que c’est nécessaire. Dans un monde où presque tout semble aller de travers, c’est une excellente nouvelle.
Je suis prêt à me battre pour cela, et j’espère que vous le serez aussi.
Nous vivons sur une planète où le moyen le plus économique de produire de l’énergie consiste à orienter une vitre vers le soleil. Et le second consiste à utiliser le vent créé par la chaleur du soleil pour faire tourner les pales d’une éolienne. À partir du milieu de l’année 2023 environ, nous sommes entrés dans la phase la plus abrupte de cette courbe de croissance susceptible de redéfinir notre avenir, franchissant un nouveau cap, celui de l’installation quotidienne d’un gigawatt de panneaux solaires sur Terre.
Pour une espèce presque irrémédiablement déconnectée du monde naturel, le soleil offre un moyen de renouer avec la réalité. Nous avons tous été jadis des adorateurs du soleil ; il n’est peut-être pas exagéré d’imaginer que, bientôt, nous lèverons les yeux un peu plus souvent vers lui, brisant peut-être même un peu l’enchantement tissé par la lueur de ses rayons dans nos paumes. Il ne s’agit pas, je crois, d’une simple « solution technologique », mais de quelque chose de bien plus fondamental. Nous avons la chance de participer à un grand projet mondial, en fournissant une énergie abordable à chaque communauté humaine, tout en repoussant notre plus grande menace. Cela pourrait se révéler une mission unificatrice pour un monde divisé. Le dernier projet comparable, même de loin, fut le programme Apollo dans les années 1960, mais il s’agissait pour une seule nation d’envoyer deux hommes sur un astéroïde. Cette quête là implique de faire descendre notre humanité sur Terre pour la faire fonctionner – quoi de plus fondamentalement humain ? »

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